Une libération inachevée

Pour les femmes, la fin de l’Occupation fut  une libération inachevée, dans la  mesure où ce moment ne fut pas celui de la remise en question de la domination masculine, mais au contraire celui  du renforcement de l’identité virile et de celle de la ménagère.  Ainsi, un représentant d’une association familiale, le 27 mai 1946, à l’occasion de la fête des mères, tenait ces propos, publiquement, devant le  maire et le préfet de Quimper, qu’il faut rapporter aux enjeux de la reconstruction  de l’après-guerre :  « La femme a des mains, non pour faire marcher des machines, mais pour pouponner  […] il faut réaliser une révolution complète dans l’enseignement féminin qui à l’heure actuelle prépare des cerveaux et non des mamans. »

Pourtant dans une conjoncture où l’idéologie féministe a occupé tant de place, la guerre a marqué une étape, en ouvrant une brèche dans la  différence des sexes. Certes, si le temps a été à la réaction masculine, ce fut aussi un moment où les identités féminines se sont rapprochées des identités masculines. La guerre a favorisé l’engagement individuel au titre  de la collectivité.  D’où une forte  présence des femmes dans l’espace public, dans les manifestations, dans les conseils, dans la société civile, dans l’armée  et une plus grande reconnaissance sociale aussi.  De ce fait, la contestation de la domination masculine était menaçante.  

 

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