les premières revoltes

 

Cette pénible existence matérielle donne lieu a des révoltes de mères de familles qui répondent aux mots d'ordres qui leurs sont donnés dans plusieurs localités de la region parisienne, mais également en province ( dans le Midi, à Lyon, à Grenoble...) , des groupes de ménagère manifestent au printemps 1942 aux cris de « du pain pour nos enfants, du charbon pour que nos petits ne meurent pas de froid. »

Une catégorie déterminée se heurte à de graves difficultés , celle des femmes des un million trois cents mille prisonniers de guerre, dont sept cents soixante mille sont mariés et pères de famille. Les difficultés financières et les problèmes moraux sont leur quotidien, Elles supportent mal de vivre dans un isolement forcé. Beaucoup ont le sentiment de ne plus avoir d'existence sociale. Il leur semble non seulement que les plus belles années de leur vie de femmes sont gâchées, de plus, toute sociabilité leur est momentanément interdite du fait de la captivité de leur mari. Les femmes de prisonniers de guerre ont bien créé leurs propres associations ou elles se retrouvent pour discuter de leurs préoccupations. Cependant, elles restent confinées entre elles.

Contrairement a ce que l'ont pense généralement, la Libération ne met un point final aux difficultés rencontrées par les femmes. Elles sortent épuisées des quarante années de l'occupation. La fin de la guerre suscite beaucoup d'espoir, a commencer par celui d'une amélioration de leur conditions de vie. Mais, quelques mois plus tard et malgré la disparition des tickets de rationnement, la situation économique est pire que pendant l' Occupation. Le froid, la mauvais alimentation persiste. Partout le mécontentement des ménagère grandit. Par ailleurs, si les femmes sont prêtes a s'effacer et a laisser leur maris reprendre en main la direction du foyer, le retour des prisonniers de guerre s'accompagne souvent de difficultés conjugales. Le taux de divorce croît en 1945 -1946. Enfin, si le droit de vote est donné aux femmes (elles représentent 62 % de l'électorat) en vertus de l'ordonnance signée par le générale DeGaulle à Alger le 21 avril 1944 et des engagements du conseil nationale de la résistance, c'est parce qu'il était bien difficile de faire autrement et de se passer de leur concours. Conquête politique ? Récompense de leur comportement durant la guerre ? Sans doute ces deux éléments sont ils au premier plan, mais on ne peut s'empêcher de penser aussi a la stratégie gouvernementale du générale de Gaulle. Il est frappant de constater que les femmes, encadrées par des associations ou des partis politique, ne revendiquent plus et rentrent dans le rang. Pour des dizaines et des dizaines de milliers, le statut de chef de famille avait vecu. Ne restait que le souvenir de ces années noires ou la plupart d'entre elle jeunes ou moins jeunes, avaient fait face, seules, au quotidien, et s'étaient débrouillées avec les moyens du bord.

 

 

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