les premières actions de Lucie

 

Au moment de la débâcle en mai juin 1940, elle organise ses premières évasions en demandant au chef allemand d'un camp de prisonniers de guerre de prêter des professeurs comme examinateurs pour le bac qui se passe dans un atmosphère de catastrophe. Ceci, bien sûr, disparaitront ensuite dans la nature. Raymond est un prisonnier a Sarrebruck. Elle s'y rend. Elle réussi a lui procurer un médicament qui doit lui donner une fièvre de cheval et l'expédier du camp a l'hôpital. De la, Raymond s'évade facilement et ensemble, ils rejoignent Lyon en zone libre. Comme ils sont d'accord pour trouver « moche d'abandonner la France », ils décident de ne pas de ne pas gagner les USA . Lucie attend son premier enfant. Elle se rend à Clermond-Ferrand. Elle y rencontre Jean Cavaillès (le futur co-fondateur de Liberation et futur chef du réseau Cohorse, qui sera abattu  par les Allemands à Arras en 1944). Par lui, elle fait conaissance avec Emmanuel d'Astier de la Vigerie, qui lui propose de participer à la rédaction de tracts contre le régime de Vichy, signés "la dernière colonne".

Lucie commence alors à mener une double vie: la journée, elle est professeur au lycée Edgar-Quinet à Lyon. Entre ses cours, elle devient "Catherine", la femme d'Aubrac, pseudonyme adopté par Raymond qui devient clandestin. Dans leur appartement lyonnais rue Pierre-Corneille, ils reçoivent Henry Frenay de Combat, J-P. Levy de Franc-Tireur, André Philip du parti socialiste, Georges Marrane du Front national, etc... En 1941, d'Astier et ses amis créent un journal clandestin, Liberation, s'adressant à tous les antifascistes, aux gens de gauche, aux syndicalistes. Lucie contribue par son salaire à sa parution. Elle explique: "Pour la presse comme pour tout ce qui concerne le reste de la clandestinité, il a fallu improviser. Ce serait une erreur de croire à des structures rigides dés le début, toutes établies par une direction. Plus tard, nous avons eu des contacts avec des agents de la France Libre. Nous avons alors, mais alors seulement, organisé systématiquement vers Londres, le départ des informations sur les méfaits de la collaboration, sur les débrayages dans les usines, sur les departs departs vers l'Allemagne, sur le pillage économique de la France. On donnait aussi des conseils pour aider les prisonniers a s'évader, pour tricher avec les cartes d'alimentation, pour fabriquer des faux papiers, etc... On informait sur la répression en zone occupée. On publiait des articles sur les opérations militaires et les perspectives de victoire. Lorsque l'Union soviétique est entrée en guerre nous nous sommes souvenus de la campagne de Russie de Napoléon: le général Hiver et les armées russes vaincront les Allemands, écrivions-nous. La presse clandestine et notre Libération devenaient pour les Français le seul moyen avec les écoutes de la BBC, d' être  au courant de la réalité de la guerre".

 

 

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