la résistance feminine

 

Quand on se penche sur la Résistance féminine, la première difficulté est de cerner precisement en quoi elle consiste, pour peu que l'on veuille dépasser le mythe ou l'image d'Épinal traditionnelle: celle de la ménagère transportant des armes ou des tracts dans sa voiture d'enfant. Comment les femmes ont-elles résisté ? Peut-on estimer quantitativement et qualitativement cette résistance féminine par rapport a la résistance masculine? L'inconnu qui, spontanément, a offert un refuge ou des vêtements a un résistant traqué, la concierge qui a donné de fausses indications a la Gestapo venue perquisitionner ou la mère de famille cachant parmi les siens un enfant juif ne considère pas comme des résistantes a part entière.

Un autre élément a ne pas perdre de vue concerne le contexte de l'époque. Il est difficile de comprendre la participation des femmes dans la résistance si l'on ne prend pas en compte le statut qu'elles occupent dans la société française a ce moment la. Juridiquement , elles sont marginalisées, dépendent du mari; politiquement, elles n'ont pas le droit de vote puisqu'elles no sont ni électrices ni éligibles. Si l'on ne prend pas en compte la différence des rôles dévolus a l'époque entre les hommes et les femmes, l'image traditionnelle de la femme, épouse, mère de famille, largement reprise par l'idéologie de le « révolution nationale » , Vichy n'a pas bousculé les rôles habituels. La presse féminine de l'époque est du reste assez explicite la-dessus. La femme est confinée a la maison, vouée a des taches domestiques. D'une certaine façon, la résistance rend caducs ces rôles puisque la femme est amenée a transgresser les lois en vigueur, a sortir du cocon protecteur que représente le foyer, la maison, pour entrer dans l' illégalité, dans la résistance. Elle franchit le seuil de la maison. Ce sursaut, cette opération de reconquête d'un monde extérieur, c'est le cheminement auquel n'importe qu'elle résistant dut se livrer avant de prendre les armes, qu'elles fussent spirituelle ou militaire. Il n'empêche, le poids des traditions est si fort , qu'il occulte quelque peu une réalité: celle de femmes que leur engagement a conduites à assumer des roles masculins. La résistance féminine est tout entière contenue entre deux pôles, une résistance au quotidien, celle de menus faits essentiel et qui passe inaperçus, et une résistance axée sur la part réelle prise par les femmes dans le combat clandestin au sein de mouvement, de réseaux.

Car la Résistance, convenons-en, n'a rien fait, elle non plus, pour redistribuer les emplois. Rare sont les femmes qui ont reussis a accéder a un poste de commandement et a avoir un pouvoir de decision. Les femmes qui, dans la résistance, ont eu des responsabilités d'hommes ne sont pas nombreuses, mais elles existent comme en témoigne l'exemple de Lucie Aubrac.

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